La Famille Pharaon


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Les « Pharaon » appartiennent à une vieille famille levantine avec des origines remontant au XVe siècle et dont on retrouve les ramifications au Liban et en Syrie à partir du XVIe siècle, en Egypte et en Palestine à partir du XVIIe siècle et en Europe, à partir du XVIIIe siècle.

Les branches italienne et autrichienne sont issues de la descendance du comte Antoun Pharaon (1745-1805), grand homme d’affaires et gérant de la concession des services douaniers d’Egypte au XVIIIe siècle, qui dut fuir le despotisme des Mamelouks et s’établir en Italie en 1790. Ses descendants ont occupé des fonctions administratives et politiques importantes en Italie et en Autriche au cours du XIXe siècle.

La branche française est issue d’Elias Pharaon (1774-1827), interprète personnel de Napoléon Bonaparte pendant la campagne d’Egypte et qui émigra avec lui. Il fut nommé Consul de France, Chevalier du Saint Sépulcre et Comte de Baalbek.


La branche libanaise de la famille Pharaon se retrouve essentiellement à Beyrouth, à la fin du XVIe siècle. Au milieu du XIXe siècle, alors que Beyrouth est un centre administratif ottoman, ses descendants ont joué un rôle économique de premier plan – on leur doit notamment la création en 1871 d’une des premières banques libanaise: la Banque “Pharaon et Chiha”- ainsi qu’un rôle social et administratif, qui a évolué en rôle politique lors des conflits avec les gouverneurs ottomans au début du XXe siècle. Plus tard, au cours de la période de l’Indépendance du Liban, la famille s’est également illustrée avec plusieurs grandes figures : Michel Pharaon –Président du Comité National qui regroupait les grandes personnalités libanaises -, Albert Pharaon -consul du Liban à Haïfa-, Henri Pharaon -un des artisans principaux de l’Indépendance-, Michel Chiha – fils d’Edma Pharaon, à qui on doit la rédaction de la Constitution du Liban- et Béchara El Khoury – premier président de la république libanaise, beau-frère de Michel Chiha et qui avait des liens de parenté directe avec la famille Pharaon-.


lebanese-flag1Henri Pharaon (1901-1993), surnommé “EL KHAWAJA”, joue un rôle clé dans l’indépendance et l’adoption du drapeau et de l’hymne national. Il remporte plusieurs mandats de député en tant que chef de liste à la Bekaa aux élections de 1943 et 1947 et chef de liste à Beyrouth aux élections de 1951. Plusieurs fois ministre et notamment ministre des Affaires Etrangères, il impose lors la création de la ligue arabe en 1946, que les votes se fassent à l’unanimité.


Pierre Pharaon (1925- 2000) est député de Jezzine en 1968; il se retire des élections de 1972 pour se présenter en 1976 aux élections de Beyrouth qui n’auront pas lieu à cause de la guerre. Il est un acteur important sur la scène libanaise au niveau économique, social et politique et ministre de l’environnement en 1995, dans le gouvernement Hariri. Il a été décoré de l’ordre du Cèdre, avec rang de Commandeur.


La famille Pharaon est très active dans le développement du Port et celui de l’hippodrome de Beyrouth.
La société “Raphael Pharaon et fils”, fondée en 1868 et connue aujourd’hui sous le nom de “Pharaon Holding”, est un acteur clé dans l’économie libanaise, notamment dans le commerce électroménager, la distribution de produits pharmaceutiques et d’équipements médicaux, les assurances, et elle s’est développée bien au-delà des frontières libanaises.


Sur le plan chrétien, la famille Pharaon a donné plusieurs prêtres depuis le XVIe siècle ; elle s’est distinguée par son leadership au niveau de la communauté grec-catholique depuis le XVIIIe siècle et au niveau chrétien, au Liban et dans la région du Levant, tissant des liens de respect et d’amitié avec toutes les communautés religieuses et jouant un rôle de médiateur entre celles-ci à Beyrouth et à la Bekaa.


Michel Pharaon a repris le flambeau politique depuis 1996, en tant que député de Beyrouth et ministre d’Etat aux affaires parlementaires en 2000 et en 2005.