Beyrouth 1


 Discours prononcé par S.E. Michel Pharaon, lors de l’inauguration de l’Exposition “Regards-sur-Ville” au CCF, le 14 Mai 2009.

Situation géographique

achrafieh11L’emplacement géographique de la première circonscription de Beyrouth confère à la zone Achrafieh-Rmeil-Saïfi, dont elle est formée, une place privilégiée au cœur même de la capitale. Cette région est en effet située sur une colline qui surplombe le port de Beyrouth, le vieux centre-ville ainsi que la zone Solidere. Elle est située à une dizaine de minutes seulement de l’aéroport international Rafic Hariri auquel elle est reliée par une nouvelle voie rapide. Une autre voie rapide la relie également en moins de dix minutes à la route de Damas. A partir de cette zone, l’on a aussi facilement accès à un échangeur, à la sortie nord de la capitale, qui conduit en quelques minutes aux localités-clés du Metn-Nord.
Cette position géographique explique largement l’essor résidentiel, commercial et immobilier qu’a rapidement connu la région. Et elle implique des impératifs en matière d’urbanisme, d’infrastructures et de projets de développement.


Essor socio-économique

kfoury-012211La circonscription de Beyrouth 1 regroupe les plus vieux quartiers de la capitale. Depuis la fin de la guerre, elle connaît un essor socio-économique peu commun. Côtoyant de vieilles maisons ayant conservé un cachet typiquement libanais et une architecture traditionnelle, de nouveaux centres résidentiels modernes et très luxueux, à l’architecture souvent avant-gardiste et audacieuse pour un paysage urbain, ont poussé, et continuent toujours de pousser, à un rythme soutenu. Ce boom immobilier a provoqué une flambée des prix des terrains qui n’a été jugulée, tout récemment, que par les effets de la crise économique internationale.

La floraison de centres résidentiels luxueux s’est accompagnée parallèlement de l’émergence de centres commerciaux modernes qui ont bouleversé dans une large mesure les circuits traditionnels de consommation, basés sur les petits commerces de quartier. La destruction du vieux centre-ville durant la guerre et l’instabilité chronique dans d’autres secteurs de la capitale ont fait que la région d’Achrafieh-Rmeil-Saïfi a accueilli les sièges et les bureaux de nombreuses sociétés et banques (plus d’une trentaine d’établissements bancaires ainsi qu’une dizaine de sociétés financières ont ouvert des branches dans la région). Mais le développement le plus marquant a été sans conteste la construction du mall de l’ABC, en plein cœur d’Achrafieh, qui regroupe non moins de 200 boutiques, plusieurs salles de cinéma ainsi que de nombreux restaurants. Grâce à son architecture et ses espaces de circulation très attrayants et aérés, et grâce aussi à un ensoleillement qui a su éviter l’effet de serre, ce mall est devenu le centre d’attraction et de promenade privilégié des jeunes, des familles, des touristes et des habitants du Grand-Beyrouth.

Parallèlement à l’émergence de centres commerciaux modernes, trois secteurs de la zone Achrafieh-Rmeil-Saïfi (la place Sassine, la rue Monot et Gemmayzé) ont été le théâtre ces dernières années de la floraison d’une flopée de restaurants et de pubs, répondant à tous les goûts, de sorte que le « Beyrouth by night » se concentre essentiellement désormais dans ces trois quartiers, au grand dam, parfois, des habitants du secteur. La construction de nouveaux hôtels dans la zone en question a contribué en outre à entretenir et développer cette activité fébrile commerciale, festive et nocturne.

Le modernisme – et le béton – rampant est quelque peu contrebalancé par des initiatives privées visant à préserver dans certaines rues la cachet traditionnel des demeures anciennes, notamment à Gemmayzé, Saïfi, au cœur d’Achrafieh et, surtout, à la rue Sursock où certaines villas et bâtisses remontent aux XVIII e et XIXe siècles. En sus des vieilles maisons traditionnelles, le Palais Bustros (siège du ministère des Affaires étrangères), le Musée Sursock et l’église Saint-Maron de Gemmayzé confèrent à la zone de Beyrouth 1 une certaine note d’Histoire. Dans le même temps, des quartiers plus populaires, tels que Karm el-Zeytoun, ont bénéficié d’une louable initiative, privée, qui a permis de repeindre dans des couleurs pastelles les façades de vieilles maisons.

gemmayze_21Le projet de reconstruction et d’aménagement du centre-ville exécuté par SOLIDERE a bouleversé la physionomie de Gemmayzé, transformant pratiquement ce vieux quartier en deux secteurs, l’un moderne et l’autre traditionnel ayant préservé dans une certaine mesure son cachet. Le boulevard Georges Haddad, qui offre une vue plongeante sur la mer à partir de Tabaris (au prix de la destruction du très ancien bâtiment du Rivoli) a pratiquement scindé Gemmayzé en deux, séparant le Saïfi Village du vieux Gemmayzé. Saïfi Village représente le prototype de la zone résidentielle moderne, bénéficiant d’un plan d’urbanisme judicieusement étudié, assurant un cadre urbain agréable, grâce à d’étroites ruelles piétonnières et pavées, longeant des galeries d’art, des boutiques artisanales et de petits commerces luxueux, qui font la joie des habitants des nouveaux immeubles d’habitation tout aussi luxueux, dont certains présentent des façades aux couleurs pastelles. De l’autre côté du boulevard Georges Haddad, le vieux Gemmayzé est l’un des rares quartiers de la capitale à avoir gardé son charme d’antan avec ses immeubles anciens et ses quelques habitations traditionnelles ayant conservé encore un toit aux tuiles rouges. Le vieux Gemmayzé, surnommé le
« Greenwich village » par un journaliste étranger, est devenu une destination très prisée avec ses petits restaurants gastronomiques, ses pubs et ses magasins artisanaux.


Vie culturelle et pédagogique

kfoury-01871La zone Achrafieh-Rmeil-Saïfi est dotée d’un important et prestigieux pôle universitaire, l’Université Saint-Joseph, et d’une quarantaine d’écoles publiques et privées, dont certaines sont centenaires, telles que, notamment, le Collège du Sacré Cœur des frères des écoles chrétiennes, le collège Notre-Dame de Nazareth, et l’école de la Mission laïque française.

Au plan de la vie culturelle et artistique, la région compte un nombre impressionnant de librairies, de cinémas (localisés dans trois centres, à Tabaris, à l’ABC et à Sodeco Square), de galeries d’art et de petits musées (au nombre d’une vingtaine), ainsi que quatre salles de théâtre, dont notamment le très actif théâtre Monot. Le Musée Sursock, considéré comme une merveille architecturale du XIXe siècle, abrite la plus grande collection d’art contemporain libanais et organise chaque année son célèbre et très attendu Salon d’Automne. De nombreuses expositions d’art sont également organisées chaque année à la villa Audi, à l’architecture envoûtante.

Dans le vieux Gemmayzé, l’escalier des Arts, qui compte 125 marches et relie la rue Sursock à Gemmayzé (le plus long escalier au Moyen-Orient), accueille chaque année plusieurs expositions artistiques et artisanales qui drainent de très nombreux visiteurs venant de toutes les régions du pays.


Secteur de la santé

kfoury-018221La circonscription de Beyrouth 1 compte quatre grands centres hospitaliers (l’Hôtel Dieu de France, l’Hôpital Saint-Georges des grecs orthodoxes, l’hôpital Rizk et l’hôpital Jeitawi) ainsi que cinq autres centres hospitaliers de moindre importance. A cette vaste infrastructure hospitalière viennent se greffer une vingtaine de laboratoires et de centres médicaux ainsi qu’une cinquantaine de pharmacies.


Pôle de convivialité

kfoury-00701En dépit de l’émergence de nombreux grands centres résidentiels et commerciaux, la vie de quartier reste fortement imprégnée dans les esprits chez les habitants des anciens secteurs d’Achrafieh, de Gemmayzé, de Rmeil et de Saïfi. Les familles qui y résident ayant souvent conservé, au fil des décennies, leurs habitations de père en fils, tout le monde se connaît dans le quartier. Il en résulte une atmosphère conviviale typiquement orientale et libanaise, entretenue de surcroît par la préservation de petits commerces de quartier, sans compter les cafés et autres centres de loisirs orientaux où l’on peut jouer au tric trac ou fumer nonchalamment le narguilé.

Un nouvel élan a été donné à cette vie de quartier grâce au « Souk el-Tayyeb », marché de produits frais et naturels, organisé chaque week-end dans un espace ouvert du boulevard Georges Haddad.

L’atmosphère familiale est aussi entretenue par la présence d’une quinzaine d’églises, en sus de la mosquée du quartier Beydoun, qui sont autant de lieux de rencontres et d’échanges après les Offices divins et la prière.

Le climat cosmopolite est en outre assuré par la présence d’une dizaine d’hôtels et d’une vingtaine d’ambassades et de consulats répartis dans plusieurs quartiers.